Les parents de Natacha: «Nous attendons des autorités qu'elles reprennent l'enquête»

Les parents de Natacha: «Nous attendons des autorités qu'elles reprennent l'enquête»

Dans un communiqué de presse envoyé ce dimanche soir, les parents reviennent d’abord sur les recherches effecutées ces derniers mois.

« Dès l'annonce de sa disparition le 3 février, de nombreux guides volontaires se sont rendus sur place pour rechercher Natacha dans le Canyon. Ils ont été rejoints par des équipes de policiers et secouristes de haute montagne, venus de Huaraz et de Cusco », expliquent les parents dans ce communiqué. « En tout, plus de 70 personnes ont fouillé plus de 495 km. Mais, ceux-ci ne connaissent pas le Canyon et n'ont pas collaboré avec les volontaires qui connaissent la zone. Après un mois, ils sont repartis bredouille. En mars, la saison des pluies et un tremblement de terre rendant l'accès au Canyon difficile, les recherches ont été abandonnées. »

Suite à la disparition, Eric et Sabine se rendus une première fois au Pérou pour participer aux recherches. « Le 6 février, nous sommes arrivés sur place, accompagnés par le Consul de Belgique pour accompagner et coordonner les recherches », ajoutent les parents dans ce communiqué. « Nous avons été rejoints ponctuellement par le Consul honoraire d'Arequipa, l'Ambassadeur ainsi que par trois policiers belges. Dès le départ, nous avons demandé qu'une enquête criminelle soit menée. Une équipe de la Divincri est venue en renfort des policiers locaux. Elle a fouillé les hôtels et interrogé quelques témoins. L'application du luminol n'ayant détecté aucune trace de sang et ne disposant d'aucun indice, la police écarte la thèse criminelle et arrête l'enquête début mars. Les belges se chargent d'enquêter sur le GSM et le PC de Natacha mais impossible de la géolocaliser ni d'obtenir la moindre information après 17h23 le 23 janvier, heure à laquelle elle a envoyé son dernier message et s'est déconnectée définitivement. »

Après plusieurs semaines, les parents de Natacha reviennent en Belgique. « Fin février, rassurés par l'immense mobilisation en cours et sur les conseils des trois policiers belges qui ont passé cinq jours sur place, nous rentrons en Belgique, prêts à revenir au Pérou dès qu'il y aura du nouveau. Mais, début mars, nous apprenons par le presse l'arrêt des recherches », précisent Eric et Sabine de Crombrugghe. « Mi-mars, la police péruvienne nous informe qu'un nouveau témoin aurait croisé Natacha dans le canyon et aurait entendu un tremblement de terre et un glissement de terrain juste après. Nous leur demandons de vérifier la véracité de ce témoignage et de se rendre sur place pour savoir si notre fille est ensevelie sous la terre et les pierres. Nous vivons dans l'angoisse.Mais, nous restons sans nouvelles et devons attendre la réunion avec le Procureur et les personnes en charge du dossier en Belgique pour reprendre l'avion pour Lima le 4 avril, décidés à tout faire pour retrouver notre fille. »

Ils vont lancer leur propre enquête

Comme ils nous l’ont expliqué dans une interview qu’ils ont donné la semaine dernière, les parents de Natacha vont alors mener, en parallèle, leur propre enquête.

« Nous nous rendons à Cabanconde pour être près de notre fille et enquêter nous-mêmes auprès de la population », expliquent-ils dans le communiqué. « Tout se sait dans un petit village mais personne n'ose parler. En concertation avec l'avocat et les policiers, nous décidons d'offrir une récompense de 15.000 dollars afin de motiver les habitants de Cabanaconde à parler et à chercher Natacha. Nous collons des affiches partout dans le village, dans le Canyon, à Chivay et à Arequipa, dans les agences de voyages surtout afin que les guides et les touristes qui partent en randonnée dans le canyon recherches Natacha sur leur chemin. L'annonce est relayée sur les réseaux sociaux. Mais toujours rien. Les gens de Cabanaconde ont-ils peur de parler ? Pourquoi ? »

« Désepérés, nous sommes retournés à Arequipa et avons profité de la venue de l'Ambassadeur, pour rencontrer le Général Cayetano et le Colonel Cuadros qui dirigent les recherches et la Gouverneur de Caylloma, responsable du tourisme et d'Autocolca chargé notamment de la signalisation, de l'information et de la sécurisation des chemins de randonnée. Ils nous ont montrés toutes les recherches et promis de les poursuivre. Une équipe de secouristes a été envoyé début mai sur place pour rechercher Natacha et Kevin, le jeune péruvien qui est tombé dans la rivière le lendemain de la disparition de Natacha. Ils ont retrouvé son pantalon. Nous accompagnons les deux policiers de la Divincri qui devaient poursuivre l'enquête à Cabanconde, pensions-nous. Mais, deux jours après, ils rentrent à Arequipa, le drone promis pour fouiller les zones inaccessibles n'est toujours pas arrivé, toutes nos demandes d'enquêtes, redemandées maintes fois, n'ont toujours pas été exécutées. La police attend la moisson du maïs, la décrue de la rivière et le corps de Natacha pour continuer l'enquête judiciaire. Pourtant, tout le monde, y compris la police, pense qu'il s'est passé quelque chose à l'hôtel ou à Cabanconde. Il se peut qu'elle soit toujours en vie, séquestrée quelque part. »

Seul, le guide secouriste volontaire du Colca, Eloy Cacya, continue les recherches.

« Les seules informations qui nous parviennent, sont celles de chamanes, énergisseurs, pendulistes, médiums et autres voyants qui soit, la voient morte soit, vivante et chaque fois dans un endroit différent! Seul, le guide secouriste volontaire du Colca, Eloy Cacya, continue les recherches mais c'est à Autocolca, nous a-t-on assurés, de prendre en charge la poursuite des recherches. Heureusement, nous sommes soutenus par nos hôtes de l'hôtel Kuntur Wassi et par la population. »

Les parents lancent donc un appel. « Nous devons savoir ce qui s'est passé et la retrouver », expliquent-ils. « Aujourd'hui, nous sommes épuisés, tant moralement que physiquement. Nous en sommes toujours au point de départ et nous tournons en rond.Nous attendons des Autorités qu'elles reprennent sérieusement l'enquête et répondent à toutes nos questions. Natacha est quelque part, nous ne pouvons pas l'abandonner. Nous devons savoir ce qui s'est passé et la retrouver. En Belgique, nos amis et ceux de Natacha, ont créé un groupe de soutien (www.lookingfornatacha.com). Ils comptent sur nous pour retrouver notre fille. Ils organisent dimanche 22 mai à Bruxelles, une marche de solidarité et d'espoir pour nous aider financièrement et nous soutenir. Nos amis péruviens ont décidé d'organiser une marche similaire à Cabanaconde, Arequipa et Chivay »

Marche d'espoir pour Natacha

La marche d’espoir aura lieu le dimanche 22 mai à 11 heures, à l'hippodrome de Boistfort. Plus d'informations sur www.lookingfornatacha.com

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