La Ville de Namur ne veut pas de l’extension de la carrière de Beez

La carrière de Beez.
La carrière de Beez. - V.L.

En juillet 2020, la société SAGREX a estimé que le gisement de Beez était exploitable jusqu’en 2023. En juin 2021, une réunion d’info a été organisée pour informer les riverains du souhait d’agrandir le terrain d’exploitation du site de la carrière de Beez (Namur).

Fin 2021, la SA Cimenteries CBR a introduit une demande de permis unique concernant le renouvellement de l’exploitation de la carrière actuelle (85 hectares), mais également une extension de la zone d’exploitation de 3,60 hectares vers l’est.

C’est la Région wallonne qui fait autorité en ce dossier, elle rendra sa décision d’ici fin mai. Le Collège communal de Namur, en séance du 12 avril, a rendu un avis défavorable à la demande de permis. Cet avis fait suite à l’enquête publique, qui a eu lieu du 4 au 18 mars. La Ville a reçu 334 réclamations et une pétition de 503 signatures.

De nombreux éléments

La principale motivation de l’avis défavorable du Collège communal est le rapprochement de l’exploitation des premières habitations et la réduction de la zone tampon, ce qui aurait pour effet une augmentation des nuisances subies par les habitants de Beez.

Plus précisément, l’avis défavorable du Collège communal se fonde sur les éléments suivants :

– L’extension de la carrière implique le déboisement d’une surface de 3,6 hectares d’une grande valeur paysagère et écologique. Cette surface présente un intérêt non seulement pour la diversité de ses essences, mais également comme refuge pour la faune locale et comme couloir végétal entre deux massifs boisés. Les propositions de compensation faites par le demandeur ont été estimées trop faibles face à l’étendue de la zone à déboiser.

– L’extension rapprocherait les activités d’extraction des zones habitées. Les premières habitations seraient à environ 140 mètres du projet. Les nuisances pour les riverains sont les nuisances sonores, les vibrations à la suite des tirs de mines et les poussières. Un type de poussière concerne la silice cristalline qui, selon plusieurs études, peut représenter un danger pour la santé humaine. Ces sources de nuisances se rapprochent des habitations et la zone tampon entre la carrière et les habitations diminue. « Il n’est pas normal que les riverains subissent davantage de nuisances à la suite de cette nouvelle extension », précise l’Échevine Stéphanie Scailquin.

– Une zone de tampon végétal d’environ 60 mètres existe aujourd’hui, elle permet de retenir une bonne partie des poussières. L’extension réduirait cette zone à environ 15 mètres. La disparition de cet écran risque d’accentuer la quantité de poussières sur les propriétés des riverains.

– Le rapprochement de la ligne d’extraction de la carrière vis-à-vis des habitations augmente les risques structurels aux habitations, les nuisances sonores, vibratoires et les retombées de poussière pour les riverains.

– L’extension demandée se trouve en zone de prévention et de captage d’eau potable. L’exploitation de cette zone représente potentiellement un danger pour la nappe phréatique.

– L’existence d’un chemin faisant partie du domaine public et traversant la zone d’extension. Ce chemin disparaîtrait suite à cette extension et constituerait une rupture dans le maillage des chemins et sentiers.

– L’extension des nouvelles zones d’extraction aurait un impact visuel important depuis la Meuse. La ligne d’horizon serait rabattue d’environ 10 mètres, ce qui ne manquera pas de redéfinir cette ligne et de modifier le paysage.

« La Ville de Namur espère que la Wallonie soutiendra son avis négatif et répondra ainsi aux craintes des riverains au vu de l’augmentation manifeste des nuisances qu’ils subiraient suite à l’extension de la carrière de Beez », conclut l’autorité communale.

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