Dons de la Croix-Rouge et inondations : le CPAS de Marche pousse un coup de gueule

Photo prise à Hargimont en juillet dernier.
Photo prise à Hargimont en juillet dernier. - C.G.

Les membres du Conseil de l’Action Sociale du CPAS de Marche-en-Famenne ne sont pas contents. L’objet de leur couroux? La manière dont ils doivent redistribuer l’aide de la Croix-Rouge pour les personnes sinistrées suite aux inondations de la mi-juillet. Pour rappel, dans la commune de Marche, plus de 500 ménages ont été touchés à des degrés divers par les inondations, plus particulièrement à On et Hargimont. « Nous avons bien évidemment signé la convention avec la Croix-Rouge de Belgique car les personnes fragilisées ont droit à une aide. Nous regrettons cependant de servir uniquement de « boite aux lettres », sans possibilité d’élargir à d’autres personnes le mécanisme d’octroi du soutien financier», indique le Conseil de l’Action Sociale dans un communiqué.

Des catégories trop restreintes ?

Pour rappel, la Croix-Rouge de Belgique a prévu de redistribuer une partie des dons reçus depuis cet été au profit des sinistrés les plus précarisés. «Pour faire simple, un seuil de vulnérabilité a été défini par l’organisme et chaque CPAS a la responsabilité - moyennant la signature d’une convention avec la Croix-Rouge - de vérifier les critères d’attribution et de verser l’argent : 650 euros pour une personne isolée, somme augmentée de 195 euros par personne attachée au foyer. Parmi les critères de précarité retenus, citons les bénéficiaires d’intervention majorées (BIM), du revenu d’intégration sociale (RIS ou ASE) ou encore de la garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA)», indique le Conseil de l’Action Sociale.

« Le doute est permis »

Et c’est là que ça coince... « Nous aurions voulu que l’aide directe en argent soit distribuée autrement et prenne aussi en compte les revenus moyens. Il s’agit au départ de dons publics qui viennent de particuliers, d’associations, d’entreprises… pour l’ensemble des personnes sinistrées, nous semble-t-il. Les personnes donatrices voulaient-elles que l’on se limite à des catégories aussi restreintes ? Qu’il nous soit permis d’en douter. »

Le CPAS estime donc n’avoir aucune marge de manœuvre face aux catégories prédéfinies par la Croix-Rouge et le déplore : « De nombreuses personnes de la classe moyenne ont également bien besoin d’un soutien financier et nous aurions souhaité un autre mécanisme de redistribution de cet argent ».

«Le plus cohérent eût été de ne pas signer cette convention»

La Croix-Rouge de Belgique a réagi au communiqué du CPAS de Marche. « La Croix-Rouge de Belgique a reçu 40 millions de donateurs privés qui lui ont fait confiance pour distribuer cet argent aux sinistrés, sachant que l’organisation a pour mission principale d’améliorer les conditions de vie des personnes vulnérables.Concernant les dons reçus, 10 principaux mécanismes d’aide ont été identifiés, dont 9 concernent tous les sinistrés sans distinction. (...) Il n’y a aucune obligation de la part des CPAS de signer cette convention. En cas de désaccord du CPAS, le plus cohérent eût été de ne pas signer cette convention. D’autres CPAS et communes complètent d’ailleurs l’intervention de la Croix-Rouge en débloquant des fonds à destination de tous les sinistrés. Précisions également que la Croix-Rouge de Belgique n’a pas vocation à remplacer les structures d’aide existantes (publiques, assurances, fonds des calamités), mais d’agir en complémentarité avec les aides existantes en fonction des besoins des personnes sinistrées et comme ces besoins varient fortement d’une commune à l’autre, la Croix-Rouge travaille en étroite collaboration et en partenariat avec les instances publiques & associations locales.Le plan d’action a été établi pour 8 mois jusqu’en avril 2022 ».

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