Sabri, du basket à la musique: «Sans les réseaux sociaux, je n’aurais rien fait»

Sabri, du basket à la musique: «Sans les réseaux sociaux, je n’aurais rien fait»
Olga Andriese

J’aimerais que l’on parle un peu de sport pour commencer. Tu as eu une carrière de basketteur professionnelle avant de te lancer dans la musique. Est-ce que tu peux me parler de cette époque ?

J’ai été en U16 et U18 en équipe nationale belge, vraiment chez les jeunes. J’ai fait aussi d’autres pays comme le Portugal, la Biélorussie ou la Hollande. Après ça, j’ai été en Division 1 à Mons. J’ai toujours été dans le domaine du sport et je kiffais ça depuis tout petit. Le basket, c’est dans le sang. Après, j’ai dû arrêter ma carrière parce que j’avais des obligations personnelles où je devais rentrer sur Bruxelles obligatoirement et depuis je n’ai plus joué au haut niveau. C’était un choix…

Aucun regret d’avoir quitté le monde du basket ?

Non, aucun ! Je devais vraiment le faire. Je pense que j’expliquerais pourquoi dans mon prochain projet.

Tu commences la musique grâce à un Snap de ton frère en 2018 et tout s’enchaîne avec ton groupe « La BW » et le titre « Oh Na Na ». Penses-tu que tu aurais « percé » sans les réseaux sociaux ?

Sans les réseaux sociaux, je n’aurais rien fait du tout. Je n’avais pas l’envie, l’obsession d’être artiste, chanteur ou musicien. Chez nous, dans la famille, on n’est pas fan de musique, personne ne fait de la musique. Là, j’ai appris à aimer la musique, le métier. Mais ce n’est pas un truc où je me disais « je veux faire ça depuis tout petit ».

Pour toi, est-ce que ta carrière musicale est un coup de chance ?

Oui ! Je balançais des freestyles sur Instagram et ça a fonctionné de fou. Après j’ai continué et maintenant je parle devant toi.

Tu signes aussi très vite chez Polydor…

Je signe deux ans après. Il y a eu le groupe, j’ai fait un peu plus d’un an en solo et puis j’ai signé.

On te définit comme un artiste « Pop Urbain » et/ou « R&B », qui sont, en général, des cases dans lesquelles les artistes rap n’aiment pas être affiliés. Qu’en penses-tu ?

Je suis justement du même avis que les autres. Moi, je fais de la musique. On ne peut pas me mettre dans une case, que ce soit Pop Urbaine ou R&B. On est arrivé à une époque où tout le monde peut faire de la Pop, du Rap, etc. Avec de simples mélodies, de simples toplines, tu peux changer une prod Rap en chanson R&B, ou l’inverse. Il n’y a pas vraiment de case. Si tu me parles de variété française et Rap, alors là oui, il y a une grande différence. Mais là, dans l’urbain, je pense que tout se ressemble. Je ne suis pas dans une case, je fais de la musique et c’est tout. Par exemple, là je suis sur mon nouveau projet et je suis sur une prod Drill, alors que je fais des mélodies qui ne sont pas Drill. Il n’y a vraiment pas de case.

Je suis un artiste, j’aime créer et je prends mon temps aussi. Je ne veux pas me précipiter non plus. Je prends mon temps, je réfléchis à ce que je fais et puis on verra ! Je fais ce que j’aime.

On se parle aujourd’hui dans le cadre de la sortie de ton EP « Elles ». Le sujet principal est clairement la femme et plus généralement l’amour. Pourtant, tu disais en janvier dernier que tu ne voulais pas être considéré comme « un loveur »…

Là, je suis en plein dedans parce que c’est ce que j’ai vécu une bonne partie de ma jeunesse. J’étais obligé de le transmettre en musique parce qu’il y avait une période où ça me touchait vraiment. Je trouve que ça fait partie de la vie, c’est avec ta femme que tu vas faire tes gosses. C’est vraiment axé sur ça parce que pour moi, c’est très important. Du coup, pour le premier projet, je me sentais obligé d’en parler. C’est ce que je vivais, ce que je ressentais à ce moment-là. Mais je ne veux pas que l’on me considère comme un loveur parce que ce que je vais faire par la suite, c’est toujours dans le thème de l’amour, mais un autre amour, comme celui pour une mère, pour son frère, pour son pote. Je resterai toujours dans le thème de l’amour, mais pas toujours dans le love.

Il est vrai que tu parles des femmes qu’il y a pu avoir dans ta vie jusqu’à présent, mais tu ne parles pas de la plus importante : ta maman.

C’est la plus importante, oui ! J’en parlerai dans le prochain album, directement. Et là, tout le monde saura ce qui se passe derrière moi. C’est sûr, on a une vie d’artiste dans la musique, mais les gens ne voient pas ce qui se passe derrière. Dans le prochain, je vais vraiment leur raconter une histoire, mon histoire. Dans ce premier projet, je préfère rester sur la femme et les relations homme-femme.

Dans « Elles », tu as sorti une série de deux clips avec « Sans moi » et « J’avoue ». Est-ce que tu peux me parler de ces deux morceaux en particulier ?

Tu es jeune, tu fais des bêtises, elle te quitte et après tu as mal, tu regrettes et tu avoues que c’est toi le fautif. Tu remets toujours la faute sur la personne, mais en vrai, tu dois te remettre en question toi-même. Ces deux sons-là, c’est vraiment pour inciter les gens à se remettre en question et de ne pas toujours dire que c’est la faute de l’autre.

Tu parles beaucoup de la facette négative de l’amour tout au long du projet. À 24 ans, crois-tu en encore en l’amour ?

Oui, mais j’ai beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de fierté. Mais oui, bien sûr, j’y crois ! L’amour c’est quoi ? C’est être là pour la personne quand elle ne va pas bien, quand elle va mal. C’est ça le vrai amour, ce n’est pas aller à Disney ou ne passer que des bons moments ensemble. C’est autre chose.

On voit chez toi une importance très marquée pour le visuel. Est-ce important pour toi de t’exprimer également de cette façon ?

C’est important, mais je ne suis pas à 100 % ! Là, je suis à 20 % de mes capacités vestimentaires. Ce n’est pas que je me cherche encore, mais je sens que je peux encore mieux faire. C’est important dans mes clips et tu verras prochainement que ça va à chaque fois augmenter. Quand je regarde un clip, j’aime bien me voir bien, me voir beau, me voir classe. C’est vraiment important.

On peut clairement ressentir une influence « Chris Brown, Justin Bieber, Matt Pokora » dans certains de tes clips, notamment avec de la danse ou une chorée. Que représentent ces grands noms à tes yeux ?

Ce sont des artistes qui ont bercé ma jeunesse, mais je ne suis pas à 100 % dans leur délire. Je peux le faire, ou en tout cas j’essaie de bien le faire, mais ça ne sera pas ma vraie direction artistique, dans le sens où j’aime bien, c’est beau, c’est cool, c’est de l’entraînement, mais ce n’est pas un truc sur lequel je vais pointer du doigt. Moi, ce que j’aime bien, et c’est ce que je vais peut-être faire dans mes concerts, c’est des chorales, des choristes… de l’émotion ! Je ne veux que de l’émotion.

Tu vas souvent rechercher l’acting dans tes clips et tu sembles très à l’aise face à une caméra. As-tu cette envie de faire du cinéma dans le futur ?

À trois ans, j’ai fait un défilé de mode et le directeur de l’événement est venu voir ma mère et a dit « lui, il est obligé d’être devant une caméra, il est trop à l’aise ». Depuis, j’ai grandi et je kiffe toujours. La caméra m’amuse, du coup je pense que je pourrais kiffer plus ça que la musique. J’aime trop ça. Après, on verra ça plus tard, ça prendra du temps et si je dois faire quelque chose, je le ferai. C’est un truc qui m’intéresse très fort.

Après, au début, c’était un peu compliqué. Je me sens de plus en plus à l’aise dans mes clips. Je n’essaie pas de calculer, j’essaie d’être dans mon monde. Avec les prochains clips et les prochains projets ça va encore plus se ressentir.

Une dernière question : est-ce que l’on peut dire que l’on a percé quand il existe des « comptes fan Sabri » sur les réseaux sociaux ?

Non (rires) ! Percer, c’est un grand mot, un mot qui n’existe pas vraiment. Ce n’est pas réel. Les gens, ils pensent que tu as percé, mais ils ne savent pas ce qu’il y a derrière. Pour moi, percer, c’est être bien, avoir du bonheur, à vie, sans aucune peine, sans rien. Mais malheureusement, ça n’existe pas, même si tu es Cristiano Ronaldo avec tes 300 millions d’abonnés sur Instagram et tes 40 millions d’euros par an. Le gars, il a aussi des moments de tristesse, de faiblesse. Donc pour moi, percer est un mot imaginé par l’être humain. Donc non, tu ne perces par parce que tu as des comptes fan sur les réseaux, mais on peut dire que oui, tu as réussi a touché un minimum de gens quand tu en as.

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