Grande fête à Ixelles: trois arrestations et deux blessés dont un policier

Grande fête à Ixelles: trois arrestations et deux blessés dont un policier
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Plusieurs milliers de personnes, principalement des jeunes, ont fait la fête samedi soir à Ixelles, sur la place Sainte-Croix. Le collectif Le Cri avait lancé un appel au rassemblement pour fêter la fin du couvre-feu. Le bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis (Ecolo), des médiateurs de la commune et des policiers étaient présents sur place. Les mots d’ordre étaient prévention et tolérance. Vers 21h50, les policiers ont invité les fêtards à quitter les lieux.

En fin de soirée, les équipes de nettoyages sont arrivées pour ramasser bouteilles et canettes qui jonchaient le sol. « Pas d’objets pouvaient être utilisés comme projectiles », explique Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police de Bruxelles Capitale-Ixelles.

Même si plusieurs fêtards sont partis après les nombreux appels des autorités, environ 500 personnes étaient encore présentes sur place. Des combis se tenaient un peu plus loin, prêtes à intervenir. Vers 01h30, la police a reçu l’ordre de faire évacuer la place. L’arroseuse a été utilisée et la police anti-émeute est intervenue pour les disperser. Du gaz lacrymogène a été brièvement utilisé contre une personne qui s’est accrochée au bâton d’un des policiers pour essayer de le lui prendre. Les deux protagonistes sont tombés, mais aucun d’eux n’a été blessé.

Bilan total de la soirée qui s’est terminé à 3h du matin : trois arrestations administratives et deux blessés dont un policier. « Un citoyen a reçu un projectile à la tête. Il a été emmené à l’hôpital. Il souffre d’une commotion et est en incapacité de travail pour plusieurs semaines", précise Olivier Slosse. « Un collègue a également été blessé. Un projectile a été lancé contre la vitre d’un véhicule et le policier a reçu des éclats de verre dans le visage. »

Un contexte différent

La gestion de cette immense fête est très différente de celle des Boum 1 et 2 au Bois de la Cambre. Si les moyens disponibles sont les mêmes, le contexte est radicalement distinct. « Ici, on se trouve dans un milieu urbain avec des différents publics, la circulation et beaucoup d’objets qui peuvent servir de projectiles », souligne le porte-parole.

La présence du bourgmestre qui incarne l’autorité a beaucoup joué. « On travaille sous son autorité et cela s’est fait en étroite collaboration et concertation », indique Olivier Slosse. « Cela fera l’objet d’une analyse. »

La police de Bruxelles Capitale-Ixelles a déployé des dispositifs un peu partout dans la ville afin de surveiller la clôture des terrasses. Elle a mis fin à de petits rassemblements de quelques dizaines de personnes notamment dans le parc du Cinquantenaire et à la Grand-Place. Ces interventions n’ont causé aucun incident.

En mesurant la proportionalité et les conséquences, Christos Doulkeridis a opté pour une stratégie axée sur le dialogue. « Je ne regrette rien car on doit montrer qu’on est là pour discuter, qu’on peut être compréhensif. Intervenir plus tôt aurait pu causer beaucou plus de dégâts », déclare le bourgmestre qui assume sa gestion.

« Besoin de faire la fête »

Du côté du collectif, on se montre enchanté par le succès de l’événement. « Plein de personnes se sont retrouvées à Flagey. C’était très sympa dans un premier temps. L’ambiance était bonne enfant. Il n’y a pas eu d’agressivité de la part des jeunes présents », commente Fabian, membre du Cri.

L’objectif du collectif est de rappeler que « c’est essentiel d’être ensemble et de questionner toutes les mesures imposées. « On en a marre d’obéir sans réfléchir. Il faut arrêter de museler la jeunesse au nom de la crise sanitaire. Les gens ont besoin de faire la fête », insiste Fabian.

Quant à savoir si l’intervention de la police est justifiée et intervenue au bon moment, Fabian préfère ne pas trop se prononcer. « Je me demande ce qui est le plus irresponsable, des mesures sanitaires illégales ou des jeunes qui font la fête ? », rétorque-t-il. « ça fait longtemps qu’il faut respecter les jeunes. Il faut voir pourquoi ils se rassemblent. Ce n’est pas en leur tapant dessus qu’on dialogue. »

Selon Fabian, il ne faut plus s’attendre à de l’obéissance quand on traite les personnes comme des enfants irresponsables depuis un an car les enfants désobéissent. Il promet que ce n’est que le début et il demande un débat démocratique avec la population.

Le bourgmestre comprend ce besoin de faire la fête mais cela doit se dérouler dans le respect. « Samedi était le 1er jour, on est tolérant. Mais nos quartiers ne peuvent pas se transformer en discothèque géante. Il faut se faire plaisir mais il a encore beaucoup de secteurs fermés », insiste-t-il. Il appelle également le fédéral à réfléchir rapidement à des alternatives et des des lieux pour que les personnes puissent s’exprimer et ainsi servir de soupape.

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