Football: pas mal de craintes autour des clubs de Mons-Borinage

Encore beaucoup de points d’interrogation pour la suite.
Encore beaucoup de points d’interrogation pour la suite. - E.G.

Dominique Save, responsable sportif de Mons Nord, ne voit guère d’alternative à la situation actuelle : « Il y a longtemps que je pense que la seule solution, du moins la moins mauvaise, est une saison blanche. Pour des raisons sportives, d’abord. Jusqu’ici, les championnats ont occupé les joueurs durant un peu plus de deux mois sur les neuf écoulés ! Pour reprendre la compétition, il faudrait au moins cinq semaines de préparation. Difficile à envisager. Car que resterait-il de la saison ? Fixer des rencontres en semaine ? Se posent alors les problèmes d’éclairage et de flexibilité par rapport au travail. Ne disputer que les matches aller ? Cela ne rime pas à grand chose. Et quelles conclusions tirer d’un championnat à ce point raboté ? »

Admettons que les championnats se remettent malgré tout en route en février. « D’accord. Mais les entraîneurs devront composer avec les vacances de carnaval et de Pâques. Par ailleurs, notre noyau de P4, à titre d’exemple, comprend une majorité de jeunes de 19-20 ans. Beaucoup vont à l’Unif et à partir de mai, nous ne les verrons plus car ils seront en blocus ».

Comment continuer sans les buvettes ni les vestiaires ?

Le dirigeant obourgeois a déjà pu constater certains dégâts. « L’été dernier, j’avais élaboré des noyaux conséquents pour nos P2 et P4. Or, entre août et octobre, nous avons déploré beaucoup de blessés. Faut-il rappeler qu’en Provinciales, les joueurs ne se soignent pas spécialement et ne respectent pas nécessairement les plans d’entretien ? Sans compter que certains ont déjà un certain âge. Même topo avec les jeunes : à la reprise, j’avais constaté que plusieurs avaient pris du poids. En Élites et en Interprovinciaux, les gamins font encore attention. C’est moins vrai dans les catégories inférieures ».

En plus de ces inquiétudes sportives, il faut aussi se demander comment les clubs, qui ont déjà « dégusté », vont pouvoir fonctionner si buvettes et vestiaires restent fermés. « Jusqu’ici, nous n’avons enregistré aucune rentrée financière », poursuit Dominique Save. « Tournois et soupers ont été annulés. Ajoutez à cela l’absence totale de recettes buvette et d’entrées au stade, ainsi que des sponsors de plus en plus difficiles à convaincre, ce que je comprends, et vous obtenez un tableau assez noir. Il faut être membre d’un club pour se rendre compte de la situation. J’ai bien peur qu’en fin de saison, beaucoup n’aient d’autre choix que de mettre la clé sous le paillasson ».

F.Mi.

«Éviter le retour des réclamations»

Jean-Luc André (CQ de Cuesmes) :

« A priori, fin janvier, début février n’est pas la période idéale pour reprendre, avec une météo capricieuse et un risque de remises. Or, si nous avons été épargnés ces dernières saisons, j’ai cru comprendre que cet hiver-ci pourrait être « chargé », avec de la neige. Il ne faut donc pas envisager une reprise en janvier, d’autant que les équipes devront se préparer. Imaginons que les championnats repartent en février. Cela laisserait trois mois et demi, si tout va bien, pour disputer 14 ou 15 journées, à ajouter aux cinq déjà jouées. Avec 20 rencontres à l’actif de chaque formation, il y a assez pour calculer en vue d’établir des classements. Le risque, c’est le retour des plaintes et des réclamations, comme au printemps dernier. Je ne vois donc d’autre solution qu’une saison blanche. D’autant que, sans vestiaires ni buvettes, les clubs ne pourront plus tenir longtemps ».

Salvatore Frisa (CQ de Wasmes) : « Redémarrer avec ou sans montées et descentes ? Tout annuler ? Cela pourrait nous préoccuper puisqu’à l’arrêt des championnats, nous occupions seuls la tête du classement. Mais à mes yeux, la santé importe bien plus que ces considérations sportives. Je préconise donc de ne pas prendre le moindre risque, d’autant qu’à notre niveau, nous ne sommes pas équipés et contrôlés comme les pros qui, eux, bénéficient de tests réguliers. Une saison blanche ? Pourquoi pas ? À condition, une fois encore, de limiter au maximum les risques de contagion. Ceci dit, comment motiver les joueurs sans carotte, sans objectif, au bout ? Sans compter qu’interdire l’accès aux vestiaires et aux buvettes revient à « tuer » les clubs. Bref, ne plus jouer cette saison n’est pas un problème pour moi. Je préfère démarrer la prochaine campagne en repartant à zéro et… en bonne santé ».

F.Mi.

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