Yves Depas: «Casser le système MR en place à La Bruyère»

Nicolas Grommersch, Thierry Chapelle et Yves Depas, futur bourgmestre.
Nicolas Grommersch, Thierry Chapelle et Yves Depas, futur bourgmestre. - D.L.

Ce dimanche, en fin d’après-midi, les résultats définitifs n’étaient pas encore connus à La Bruyère, mais chaque liste savait déjà le nombre de sièges qu’elle remporterait. Cela a permis au PS, à Démocrates & Bruyérois et à Ecolo de se rencontrer et de tomber d’accord une demi-heure plus tard : ils vont former une majorité de 13 sièges pour « casser le système MR en place » et renverser Robert Cappe, bourgmestre depuis 1991.

« On avait parlé avec tout le monde mais soyons clairs, rien n’était signé », déclare Yves Depas. Avec 965 voix, il fait le meilleur score de la commune. C’est donc lui qui la dirigera bientôt. « Nous avons pris cette décision avant de connaître les voix de préférence. Nous ne savions pas qui allait être élu bourgmestre. »

En effet, si les Socialistes savaient qu’ils avaient obtenu 8 sièges et allaient donc en toute logique remporter le mayorat, les trois fortes personnalités de la liste, Thierry Chapelle, Jean-Marc Toussaint et Yves Depas, n’étaient séparés que de quelques voix en 2012. Tout était possible. « Je ne m’y attendais pas du tout. Encore dimanche matin, je ne l’avais pas envisagé. Mais je suis actif dans la vie communale depuis 1994, en tant que conseiller puis échevin, je sais comment tout cela fonctionne et je vais assumer mes responsabilités. »

Management et urbanisme

Pour le futur bourgmestre, cet accord est dans la continuité du choix des citoyens. « Niveau résultats, le MR se tasse, tandis que le PS et Ecolo gagnent des sièges. C’est un signal d’une envie de changement de la part des électeurs. »

Si les trois listes ont décidé de s’associer, c’est parce qu’ils se sont trouvés des atomes crochus, surtout sur deux points. « Notre première mission sera le management du personnel communal. On veut rétablir une bonne ambiance de travail, avec de la confiance envers les équipes. Cela a pu manquer auparavant. Un personnel content, c’est un personnel qui travaille bien. Dans l’ensemble, nous voulons instaurer une dynamique de fonctionnement différente. »

L’autre sujet de ralliement : l’urbanisme. « Les règles n’étaient pas toujours précises dans ce domaine, notamment autour des terrains à bâtir. Nous voulons un règlement clair pour la commune. »

« Nous voulons une gestion communale plus saine, plus ouverte et plus participative », conclut le futur mayeur de La Bruyère.

B.M.

D&B: «Une vraie équipe récompensée»

Luc Frère.
Luc Frère. - D&B

Dans la majorité avec le MR en 2006, puis dans l’opposition à nouveau en 2012, Luc Frère et sa nouvelle liste citoyenne « Démocrates & Bruyérois » reviennent au pouvoir. Il refuse cependant de parler de revanche. « Nous avons proposé un programme et une équipe. Nous voulions les mettre en avant et avons décidé de collaborer avec les gens qui avaient envie de travailler avec nous. »

D&B fait moins que LB 2.0 en 2012 et décroche 4 sièges, soit un de moins. « Nous ne sommes pas déçus. C’est une nouvelle liste. Des gens importants sont partis, mais on était à 15 voix des 5 sièges. On aimerait évidemment que tout le monde ait un siège, mais dans la configuration actuelle, on est content du résultat mais aussi de celui d’Ecolo et du PS, récompensé pour son travail. Ce que je tiens à souligner, ce sont les scores de tous nos candidats qui sont très serrés. On a voulu présenter une vraie équipe et elle a été récompensée.  »

Outre la bonne gouvernance et l’urbanisme, D&B pense que cette majorité va leur permettre de développer un des points importants de leur programme : la rénovation des places de la commune. « Je pense que nous aurons un écho favorable de la part des autres listes sur ce sujet. »

Mais au final, Luc Frère est surtout content que les choses changent à La Bruyère. « L’alternance est un des ingrédients d’une démocratie qui se porte bien », conclut-il.

La fin d’un règne pour Robert Cappe

Robert Cappe laisse sa place aux jeunes motivés.
Robert Cappe laisse sa place aux jeunes motivés. - V.L.

« C’est tout à fait une surprise, presque une trahison », déclare Robert Cappe, bourgmestre MR sortant, à la tête de La Bruyère depuis 1991. Sa liste a remporté les élections en décrochant 8 sièges, mais se tasse côté voix. Avec 768 votes, il fait le meilleur score des libéraux, mais cela reste moins que Depas et Chapelle du PS.

« Nous avions un accord verbal avec le PS. Ces 6 ans de majorité n’ont pas été un long fleuve tranquille mais tout s’est excessivement bien déroulé, sans aucune animosité. »

Suite à la perte de son poste, il a décidé de se retirer. « Cela fait 36 ans que je suis dans la politique communale et je n’ai jamais connu l’opposition. C’est l’occasion pour moi de céder ma place à des jeunes motivés, ce sont eux l’avenir de la politique de la commune. »

Il ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de cette majorité. « La manière dont La Bruyère était gérée depuis la fusion des communes, c’était pour maintenir une certaine qualité de vie », explique-t-il. « Désormais, on risque de voir fleurir logements kangourous, bâtiments à étages, et ainsi de suite parce que les habitations de la commune sont peu accessibles aux jeunes. Cela risquerait d’augmenter le taux de criminalité avec plus de soucis de voisinage qu’avant. Puis, la présence d’habitations sociales pourrait faire dévaluer les habitations alentours… Mais on verra bien ! »

« Quand une même équipe reste longtemps à la tête d’une commune, cela permet de travailler sur du long terme », ajoute Robert Cappe. « Lorsqu’on alterne, les nouveaux veulent faire mieux que ceux d’avant et dépensent toutes les réserves communales. Si ça rechange après, les autres re-remplissent la trésorerie, la suivante la vide, etc. »

Même si le futur ex-bourgmestre ne ferme pas la porte aux jeunes libéraux qu’il se propose d’aider et d’aiguiller, ce scrutin marque la fin d’une belle carrière en politique.

Robert Cappe en est tout de même satisfait. « C’est plutôt aux citoyens qu’il faudrait demander de faire mon bilan. Mais on ne reste pas de si nombreuses années bourgmestre si votre travail et la qualité de vie de la commune ne sont pas appréciés par les habitants ! »

Ecolo: «Le résultat de 30 ans de travail»

Philippe Soutmans.
Philippe Soutmans. - Ecolo

Après une longue présence dans l’entité de La Bruyère, Ecolo entre enfin dans une majorité avec 3 sièges. « C’est le résultat d’un travail de presque 30 ans pour la locale », ajoute Philippe Soutmans, conseiller communal sortant et le score le plus élevé de la liste verte. « Il nous a fallu du temps pour percer, mais on est très content. Cette progression était inespérée, c’est presque les mêmes chiffres qu’à Namur en termes de pourcentage. »

Les verts bruyérois sont assez heureux de collaborer avec le PS. « Nous avons toujours reconnu qu’ils changeaient la donne au conseil. Ils étaient très sérieux dans leurs dossiers et dans leurs réponses à nos questions. Il y a toujours eu un respect mutuel entre nous. Mais avec le MR, ils travaillaient dans un cadre étriqué. Ce dimanche, ils étaient en position de pouvoir négocier, on comprend qu’ils soient venus vers nous. Nous représentons désormais une force difficilement contestable. »

Les thématiques sur lesquelles Ecolo veut peser dans cette majorité : la mobilité mais surtout le social. « Nous avons un déficit de jeunes couples et beaucoup de départs de personnes âgées. Le PS a fait des efforts en ce sens pour essayer de garder ces catégories de population dans la commune. Nous voulons continuer dans ce sens en réfléchissant à des maisons de repos, des logements sociaux, etc. »

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